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economie, finance : l'actualité au senegal et en afrique

Cameroun : la croissance dit merci à la CAN 2019 !


Rédigé le 9 Juillet 2018 à 16:28 | 0 commentaire(s) modifié le 9 Juillet 2018 - 16:34


Malgré des difficultés conjoncturelles engendrées par la baisse des cours de pétrole, la croissance de l’économie camerounaise atteindra les 4% cette année selon le FMI. Cette dynamique encore fragile est en grande partie dû à la contribution du secteur de la construction qui connait un boom grâce aux investissements publics destinées à préparer la CAN 2019.


Le Cameroun a réussi son examen de passage régulier auprès du FMI qui vient de passer en revue, le programme convenu par les deux parties et qui est appuyé par une assistance financière au titre de la Facilité élargie de crédit (FMI). A l'issue de la mission qui a séjourné à Yaoundé, du 4 au 5 juillet, le Conseil d'administration du Fonds a achevé son deuxième examen et a approuvé, le 6 juillet, un décaissement de 77,8 millions de dollars en faveur du pays. A titre de rappel, l'accord FEC de trois ans conclut le 26 juin 2017 donne au Cameroun l'accès à un appui financier de près de 680,7 millions de dollars américains, en contre-partie de la mise en œuvre de réformes structurelles.

Selon les estimations du fonds, la croissance a ralenti en 2017 principalement en raison d'une forte baisse de la production pétrolière et malgré le rebond graduel des prix internationaux constaté les derniers mois. « Les perspectives macroéconomiques pour 2018 restent positives, avec une croissance qui devrait rebondir à 4%, tirée par le démarrage de la production de gaz, les activités de construction pour la Coupe d'Afrique des nations 2019 (CAN) » a anticipé le Fonds qui a également rappelé les engagements des autorités sur l'adoption de réformes économiques visant à rétablir la viabilité budgétaire et externe ainsi qu'à soutenir la croissance du secteur privé. Toutefois et malgré certains points positifs relevés par le Fonds, beaucoup reste à faire pour assainir la situation macroéconomique.
 

« La performance du Cameroun dans le cadre de son programme appuyé par la FEC a été mitigée dans un contexte de ralentissement de l'activité économique et de préoccupations sécuritaires. Les dépassements de dépenses en fin d'année compensent la forte collecte de recettes non pétrolières, ce qui se traduit par un déficit budgétaire plus élevé que prévu. Néanmoins, la mise en œuvre des réformes structurelles a été globalement satisfaisante et les avoirs extérieurs nets se sont accumulés plus rapidement que prévu en raison d'un resserrement du déficit du compte courant », a déclaré Mitsuhiro Furusawa, le directeur général adjoint et président par intérim à l'issue de l'examen.

Afin de rectifier le tir, les autorités ont promis de mettre en œuvre des mesures correctives pour remettre l'ajustement budgétaire sur les rails cette année, notamment à travers une loi de finances rectificatives qui va se traduire par un resserrement des contrôles des dépenses. « La mise en œuvre stricte des objectifs budgétaires révisés de 2018 sera essentielle pour soutenir la constitution de coussins budgétaires et extérieurs pour le Cameroun et la région » a recommandé de nouveau le FMI qui a souligné par ailleurs que « compte tenu des fortes pressions sur les dépenses associées aux élections de 2018, de la détérioration des conditions de sécurité et de la tenue de la CAN 2019, tout revenu pétrolier supplémentaire devrait être économisé ».
 

Contexte régional

Le pays de Paul Biya peut donc mieux faire surtout que les fragilités persistent sur la croissance de son économie. Pour le directeur du département Afrique du FMI, Abebe Aemro Sélassié, qui a dirigé la mission à Yaoundé, « il est essentiel que le Cameroun continue de jouer un rôle de chef de file en poursuivant la consolidation budgétaire pour assurer le succès de la stratégie régionale de la CEMAC ». Selon lui, des progrès satisfaisants ont certes été accomplis face aux difficultés macroéconomiques rencontrées dans la région de la CEMAC à la suite du choc pétrolier pour rétablir la stabilité et réaliser une croissance économique soutenue et inclusive. « Mais ces progrès restent fragiles et les autorités nationales et régionales doivent continuer de veiller à ce que les objectifs de la stratégie soient atteints » a ajouté Abebe Aemro Sélassié pour qui à terme, il sera important de continuer à élargir l'assiette des recettes non pétrolières, notamment en réduisant les exonérations fiscales, et à améliorer la qualité des dépenses afin de créer un espace budgétaire pour les dépenses sociales et les investissements prioritaires, tout en préservant la viabilité de la dette.

« Les progrès restent fragiles, comme en témoignent des dérapages budgétaires observés dans certains pays de la CEMAC, et l'effort ne peut être relâché. Avec l'appui des institutions régionales et des partenaires au développement, les autorités des pays de la CEMAC devraient donc continuer de mettre en œuvre de manière déterminée les politiques économiques et les réformes nécessaires pour atteindre les objectifs budgétaires qui sont établis dans les programmes appuyés par le FMI » a indiqué le chef de mission du FMI.
 

Les pays de la CEMAC sont donc prévenus et le Cameroun sait ce qui reste à faire pour espérer sortir de la conjoncture et surtout à bénéficier du soutien du FMI. A ce titre, les institutions régionales ont été appelés par l'institution à poursuivre ces efforts pour rétablir la viabilité économique intérieure et extérieure, en particulier pour continuer de reconstituer les réserves régionales, et ouvrir la voie à une croissance soutenue et inclusive. En somme, sans réponses communes, il sera difficile pour les pays de la CEMAC dont la plupart bénéficie du soutien du Fonds, de tourner la page de la crise qui intervient dans un contexte sociopolitique tendu au niveau sous régional et pour des facteurs différents.

En attendant, le Cameroun peut tirer profit des investissements que génèrent les travaux de préparation de la CAN 2019 et le rebond des cours du pétrole ainsi que la hausse de la production de gaz, pour maintenir sa croissance relativement à flot au regard de ce qui se passe dans les pays voisins.

 




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