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economie, finance : l'actualité au senegal et en afrique

AFRIQUE : l’action de l’Etat préconisée pour relever les défis de la croissance, de l’emploi et de l’inégalité


Rédigé le 11 Juillet 2018 à 12:38 | 0 commentaire(s) modifié le 11 Juillet 2018 - 12:49


En Afrique, l’action de l’État est la clef pour relever les défis de la croissance, de l’emploi et de l’inégalité.


(Ecofinance.sn - Dakar) - L’Afrique a besoin de stratégies de développement plus cohérentes, qui mettent l’accent sur une meilleure action publique, pour pleinement relever les défis de la croissance, de l’emploi et des inégalités liés à l’émergence inédite que connaît le continent, selon la première édition du rapport économique annuel de la Commission de l’Union Africaine (Cua) , produite en collaboration avec le Centre de développement de l’Ocde.
 
Dynamiques du développement en Afrique 2018, premier rapport économique annuel de la Cua depuis sa création en 1963, a été lancé aujourd’hui au siège de la Commission de l’Ua, à Addis Abeba. Selon l’analyse, l’orientation favorable des cours des matières premières, la demande intérieure robuste, les progrès dans la conduite des politiques macroéconomiques et des stratégies de diversification des économies nationales ont été les principaux moteurs de la croissance africaine récente, qui devrait atteindre 4% par an entre 2018 et 2020. De même que le choix, gagnant, de certains pays d’accroître l’investissement dans les infrastructures et la multiplication des partenariats commerciaux – notamment avec la Chine, l’Inde et d’autres pays émergents.
 
Depuis le début du siècle, l’Afrique est la deuxième région du monde à la croissance la plus rapide après l’Asie, avec un taux de croissance annuel moyen du produit intérieur brut (PIB) de 4,7% entre 2000 et 2017. Malgré tout, cette croissance n’a pas été suffisante pour enclencher des changements de fond. Le rapport, consacré au thème «croissance, emploi et inégalités», souligne l’importance d’accélérer la transformation structurelle des économies d’Afrique. La croissance reste en effet irrégulière. Ainsi, au cours de la période 2016-20, seuls trois pays, sur les cinquante-cinq que compte le continent, devraient atteindre l’objectif d’un taux de croissance annuel moyen supérieur à 7 % fixé par l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.
 
Par ailleurs, cette croissance n’a pas créé suffisamment d’emplois décents. Aujourd’hui, 282 millions d’individus occupent des emplois précaires. À ce rythme, 66 % des emplois resteront vulnérables en 2022, un taux bien supérieur à l’objectif des 41 % pour 2023. Ce, alors que la population du continent augmente très rapidement – un quart de la population mondiale sera africaine d’ici à 2050. Le rapport souligne également la nécessité d’accroître la productivité : les entreprises africaines accusent un retard important au niveau mondial dans des secteurs à fort potentiel de création d’emplois comme l’agro-industrie, la construction, le cuir, l’industrie manufacturière légère et les services logistiques.
 
Enfin, la croissance en Afrique a un effet plus faible sur la réduction des inégalités et l’amélioration du bien-être qu’ailleurs dans le monde. Si le coefficient de Gini du continent africain avait baissé de 7 points supplémentaires pour se situer à 35 -c’est-à-dire le niveau actuel en Asie -  la croissance aurait sorti 130 millions de personnes supplémentaires de la pauvreté pour la période 1990-2016. Malgré un recul de l’extrême pauvreté, celle-ci touche encore 35% de la population sur le continent soit 395 millions de personnes.
 
 Des performances contrastées
 
Le rapport révèle également les performances contrastées des différentes régions africaines en matière de croissance, d’emploi et d’inégalités.
·         L'Afrique de l'Est a bénéficié d'une croissance économique plus forte et plus résiliente que les autres régions, plus de 4% par an depuis 1990, grâce à une économie plus diversifiée.
·         Alors que le sous-emploi et l'emploi vulnérable caractérisent la majorité des marchés du travail africains, certains pays d'Afrique du Nord et australe font également face à un chômage structurel élevé.
·         En Afrique centrale, le nombre d'emplois dans le secteur formel diminue depuis 2015.
·         L'Afrique de l'Est et l’Afrique de l'Ouest sont parvenues à réduire leurs taux d'extrême pauvreté de 23 et 12 points de pourcentage respectivement entre 1990 et 2013.
·         L'Afrique australe est la région d’Afrique la plus inégalitaire : elle compte six des dix pays les plus inégalitaires du monde en termes de revenus.
 
Le rapport souligne que l’action publique est la clef d’une meilleure performance en matière de croissance, d’emploi et d’inégalités : les stratégies nationales sont plus efficaces lorsqu’elles favorisent une bonne coordination inter-sectorielle de l’action gouvernementale, la participation active des acteurs économiques et des citoyens, et une approche territorialisée du développement.
 
« Face à ses défis, l’Afrique possède d’importants atouts : une population jeune et entreprenante, des territoires en pleine mutation avec des campagnes en croissance et une urbanisation rapide, des ressources naturelles considérables, des économies dynamiques, de riches écosystèmes, une diaspora solidaire. Mais, dans de trop nombreux cas, les politiques publiques n’ont pas réussi à mobiliser ces atouts efficacement. La mise en œuvre du programme de réformes tracé par l’Agenda 2063 exige des capacités gouvernementales accrues, plus de responsabilité, de transparence et de coordination et la promotion d’une bonne action institutionnelle » a déclaré Victor Harison, commissaire aux Affaires économiques de la CUA, lors du lancement du rapport.
 
« L’Afrique a aussi un rôle crucial à jouer dans la refonte profonde du cadre de la coopération internationale qu’appellent les Objectifs du développement durable. Le continent est une formidable terre d’innovations en matière de stratégies de développement : ses partenaires ont intérêt à l’écouter d’avantage et mieux accompagner la mise en œuvre de ses stratégies créatives », a ajouté Mario Pezzini, directeur du Centre de développement de l'OCDE et conseiller spécial du Secrétaire général de l'OCDE pour le développement, également présent à Addis Abeba.
 
Yaye Rokhaya Ndiaye



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