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​La famine qui menace le nord du Sénégal inquiète l'Onu


Rédigé le 3 Mai 2018 à 22:49 | 0 commentaire(s) modifié le 3 Mai 2018 - 23:19


Lors d'une conférence de presse conjointe de l'Organisation des Nations unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), de l'UNICEF et du Programme alimentaire mondial (PAM), qui s'est tenue à Dakar ce jeudi 3 mai 2018, les trois agences des Nations Unies ont affirmé leurs inquiétudes quant à la situation de millions de personnes menacées de faim dans certaines partie de l'Afrique dont le Nord du Sénégal. "Il est urgent d'agir pour sauver des vie au Sahel", selon lesdites organisations.


La sécheresse, la flambée des prix des denrées alimentaires et les conflits vont entraîner des millions de personnes dans la faim et la malnutrition dans certaines parties du Sahel, en Afrique de l'Ouest, si la communauté internationale n'agit pas maintenant, selon trois agences des Nations Unies.
 
L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et le Programme alimentaire mondial (PAM) ont affirmé qu’en 2017, les faibles précipitations dans les zones pastorales au sud de la Mauritanie, au nord du Sénégal et dans certaines parties du Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad ont ruiné le bétail et les récoltes et ont affecté les moyens de subsistance, ce qui a mené à un début précoce de la « saison de la faim ».

La région du Sahel a également connu une insécurité accrue et une intensification des conflits armés qui perturbent les services de base et les moyens de subsistance, affectant la cohésion sociale et forçant des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs foyers. Selon la dernière analyse régionale de la situation de l’insécurité alimentaire 
 
Plus de cinq (5) millions de personnes auront besoin d'une aide alimentaire et nutritionnelle au cours de ce qui devrait être la pire saison de soudure en quatre ans. Les évaluations montrent que de nombreuses familles auraient épuisé leurs réserves alimentaires en avril. En temps normal, cela se produit entre juin et septembre.

« Nous entendons parler de personnes qui réduisent le nombre de repas pris chaque jour et des enfants qui abandonnent l'école », a déclaré Abdou Dieng, Directeur régional du PAM pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre.  « Ce sont des signes révélateurs d'une catastrophe imminente que le monde ne peut pas continuer à ignorer. »
 
 
 

Dans les six pays, plus de 1,6 million d'enfants risquent de souffrir de malnutrition aiguë sévère cette année, soit une augmentation de 50 pour cent par rapport à la dernière crise nutritionnelle majeure du Sahel en 2012. L'insécurité alimentaire, les pratiques alimentaires inadéquates à la maison pour les jeunes enfants et les mères, le manque d'accès à l'eau potable et à l'assainissement ainsi que les conflits armés et les déplacements de populations sont les causes des niveaux élevés de malnutrition chez les enfants.
« Il est tragique que les mêmes mères reviennent chaque année dans les cliniques avec leurs enfants pour le traitement de la malnutrition aiguë sévère, et cette année encore en plus grand nombre », a déclaré Marie-Pierre Poirier, Directrice régionale de l'UNICEF pour l'Afrique de l’Ouest et du Centre. « Nous pouvons rompre ce cycle si nous investissons maintenant dans le renforcement de la résilience – en rendant les familles, les communautés et les autorités nationales mieux équipées pour prévenir et faire face à des chocs similaires à l'avenir. »
 
La réduction de la disponibilité des pâturages a conduit à une transhumance précoce cette année, dans certains cas jusqu’à quatre mois plus tôt que d'habitude. Cela a conduit à une forte concentration d'animaux, une situation aggravée par les restrictions aux passages frontaliers et des réglementations défavorables qui contraignent les mouvements pastoraux, rendant une région déjà très instable encore plus fragile.  



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