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Sénégal : l’impérieuse nécessité pour l’Afrique de protéger les droits de propriété intellectuelle relevée


Rédigé le Mercredi 4 Novembre 2015 à 12:55 | Lu 59 fois | 0 commentaire(s)


Ecofinance.sn (Dakar) - Quelque 50 ministres de tout le continent ont assisté mardi, à Dakar, à l’inauguration de la “Conférence ministérielle africaine 2015 sur la propriété intellectuelle pour une Afrique émergente”.


Inauguration par des dirigeants africains d’une conférence de haut niveau sur la propriété intellectuelle pour un continent émergent

Mahammed Boun Abdallah Dionne, premier ministre du Sénégal.
Mahammed Boun Abdallah Dionne, premier ministre du Sénégal.
La présidente de la République de Maurice, Ameenah Gurib‑Fakim, ainsi que le premier ministre du Sénégal, Mahammed Boun Abdallah Dionne, se sont associés à Francis Gurry, directeur général de l’ Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) (http://www.wipo.int), pour souligner le rôle essentiel que joue la propriété intellectuelle comme moteur de l’innovation et de la créativité aux fins du développement socioéconomique en Afrique, a constaté Ecofinance.

Quelque 50 ministres de tout le continent ont assisté le 3 novembre à l’inauguration de la “Conférence ministérielle africaine 2015 sur la propriété intellectuelle pour une Afrique émergente” (http://www.wipo.int/meetings/en/2015/african_ministerial_conference.html) qui se tient sur trois jours à Dakar (Sénégal).

L’Homme est le fondement de toute innovation et de toute créativité”, a déclaré M. Gurry pour souhaiter la bienvenue aux délégués.  “Et l’Afrique est le berceau de l’humanité, c’est pourquoi elle est à l’origine de l’innovation et de la créativité qui caractérisent l’espèce humaine.

Les systèmes nationaux de propriété intellectuelle, s’ils sont bien conçus, peuvent aider les pays africains à libérer le potentiel de créativité et d’innovation de leurs citoyens et ainsi stimuler la croissance économique”, a‑t‑il déclaré.

La propriété intellectuelle est une composante nécessaire, quoique insuffisante, d’un écosystème de l’innovation solide et dynamique”, a‑t‑il ajouté.  “Elle permet de tirer parti de l’avantage concurrentiel que confère l’innovation et de récompenser l’investissement en ressources humaines et financières nécessaires à la création de nouveaux savoirs et à l’innovation.

Ameenah Gurib‑Fakim a mentionné les perspectives de croissance économique favorables pour les pays africains durant la prochaine décennie et a souligné “la nécessité impérieuse pour l’Afrique de protéger les droits de propriété intellectuelle pour pouvoir créer des économies du savoir durables qui tirent parti de la science, des technologies et de l’innovation.

Dans un environnement économique mondial hautement concurrentiel, la création, la gestion et la protection du savoir occupent une place centrale dans la création de richesses, offrent la possibilité d’être aux avant-postes dans ce domaine et facilitent l’intégration dans l’économie mondiale”, a‑t‑elle déclaré.

Libérer le potentiel des actifs qui sont propres à l’Afrique

Sénégal : l’impérieuse nécessité pour l’Afrique de protéger les droits de propriété intellectuelle relevée
Parmi les mesures à prendre, il convient d’élaborer des instruments qui permettent le libérer le potentiel des actifs qui sont propres à l’Afrique, tels que les plantes médicinales locales et les savoirs traditionnels et de les promouvoir.  L’Afrique, a‑t‑elle déclaré, devrait également “s’efforcer de donner la priorité aux opportunités qu’offre la révolution numérique dans le domaine des sciences, des technologies, de l’innovation et de la créativité”.

Il est urgent de renforcer le débat public, la coordination, l’intégration et l’implication de toutes les parties intéressées afin de définir de nouveaux moyens d’encourager la création d’actifs incorporels et de promouvoir l’innovation et la créativité”, a‑t‑elle déclaré, “l’innovation se construit, elle ne s’apprend pas.

Tout en soulignant que la protection des droits de propriété intellectuelle devait s’accompagner de mesures d’incitation et de soutien appropriées, elle a demandé que soit créé un fonds pour les inventeurs africains pour leur permettre d’accéder aux capitaux nécessaires pour soutenir les nouvelles entreprises.

Sous les applaudissements, elle a déclaré en conclusion : “Les pays qui se lancent dans l’innovation aujourd’hui occuperont une place prépondérante dans l’économie mondiale de demain.

Mahammed Boun Abdallah Dionne, premier ministre du Sénégal, a indiqué que cette conférence tombait à point nommé, compte tenu des défis auxquels l’Afrique était confrontée.  Il a ajouté que la propriété intellectuelle pouvait contribuer à assurer un développement durable et solidaire propice à la réduction de la pauvreté et au renforcement de la compétitivité.  “L’innovation est le fondement de tout développement”, a‑t‑il déclaré.

Martial De‑Paul Ikounga, commissaire chargé du département des ressources humaines, de la science et de la technologie au sein de l’Union africaine et organisateur de la conférence, a déclaré : “C’est le rôle des organismes de la propriété intellectuelle en Afrique de pousser les dirigeants africains à comprendre qu’il y a là tout à construire pour permettre à nos jeunes de franchir le Rubicon, de surmonter les obstacles qu’ils pourraient rencontrer et d’avoir un peu de cette folie qui caractérise les inventeurs, pour oser accepter de devenir le premier dans le pays, le premier dans la région et même le premier dans le monde à proposer une solution nouvelle à une question sociale”.

Takashi Kitahara, ambassadeur du Japon au Sénégal, a précisé : “Il est essentiel d’assurer la protection appropriée au moyen du système de la propriété intellectuelle et d’en garantir une utilisation stratégique”.  Le Gouvernement du Japon a été l’un des coorganisateurs de la conférence.

La cérémonie d’ouverture a été suivie d’un débat de haut niveau sur le thème : l’Afrique dans le cadre d’une économie fondée sur le savoir – enjeux et perspectives.

La conférence de Dakar a réuni plus de 400 participants, dont quelque 50 ministres chargés des questions liées à la propriété intellectuelle, au commerce et à la culture ainsi que des organisations du secteur privé, pour élaborer un plan visant à promouvoir l’utilisation d’instruments de propriété intellectuelle qui contribuent à stimuler le développement socioéconomique en Afrique.




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