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« Que la France dégage...», (Front anti Franc CFA)


Rédigé le Lundi 18 Septembre 2017 à 10:20 | Lu 48 fois | 0 commentaire(s)



« Que la France dégage...», (Front anti Franc CFA)
Le « Front anti APE anti CFA » va au-delà de la « dénonciation » pour dire « stop (à) la monnaie néocoloniale ». Appuyés par le mouvement « Y’en a marre », le Collectif Afrique (CA) et « Urgence Panafricaniste » de Kémi Séba, les acteurs ont sonné la mobilisation à la Place de la Nation (ex-Obélisque). 

« Nous avons appelé à un rassemblement aujourd’hui pour essentiellement réaffirmer notre opposition au Franc CFA parce que nous estimons que c’est une monnaie néocoloniale qui met un frein au développement. Nous devons aller à partir d’aujourd’hui au-delà de la dénonciation du Franc CFA et exiger notre sortie. Nous pensons justement qu’aujourd’hui que pour rompre le lien néocolonial du F CFA, il faudrait exiger la sortie de la France de nos banques centrales. La France doit sortir, c’est ce que nous avons appelé le Frexit c’est-à-dire la France exit, que la France dégage de nos Conseils d’administration où elle a un droit de veto », scande Guy Marius Sagna. 

Poursuivant, il ajoute que « 57 ans après les indépendances, nous sommes assez grands pour administrer nous-mêmes notre monnaie » tout en réclamant « le rapatriement de nos devises, de nos réserves de change qui sont aujourd’hui logés au niveau du Trésor public français ». Et, selon lui, « il est grand temps qu’un des quinze (15) pays de la zone franc soit le siège de là où se fabrique nos billets et nos pièces ». 
Le Front ne rate pas l’occasion pour « réaffirmer toute (son) indignation à ce qu’ (il a) assimilé à la déportation de (leur) frère Kémi Séba qui a été honteusement expulsé du Sénégal vers la France ». « C’est pourquoi, nous exigeons tout simplement que Kémi Séba retrouve sa terre africaine du Sénégal pour retrouver son épouse et ses enfants qui sont ici », décrète le coordonnateur national du collectif « Non aux APE (Accords de Partenariat Economique)). 
Aux premières loges, Mamadou SY Tounkara explique ainsi sa présence : « Je suis ici pour trois (3) raisons. La première, c’est que notre frère Kémi Séba a été expulsé de manière illégale de ce pays et nous lui manifestons notre plus profonde solidarité. La seconde chose, c’est que notre gouvernement agit de manière illégale parce qu’aucun juge n’a signé d’ordonnance d’expulsion de Kémi Séba et le gouvernement était démissionnaire en ce moment-là. Donc, cette expulsion est illégale et quand un gouvernement agit de manière illégale, personne n’est à l’abri. Troisième chose, c’est le Franc CFA qui est une monnaie coloniale créée par la France en 1945, l’acte de naissance a été signé par trois (3) Français : le Général De Gaulle, son ministre des Finances et son ministre des Colonies, le Franc CFA, jusqu’à présent, c’est la France qui le fabrique, que le garantie, c’est la France qui détient la moitié des réserves. C’est la France seule qui peut le dévaluer et la France siège au Conseil d’administration de la Banque Centrale. Tout cela est colonial alors que la colonisation sous toutes ses formes doit cesser. Le président Emmanuel Macron a dit que la Colonisation est un crime contre l’humanité. Et, ce crime-là est un crime culturel et un crime économique. Et la monnaie est partie intégrante des leviers économiques et donc cette colonisation monétaire, n’est rien d’autre qu’une perpétuation du système colonial qui doit cesser. Bon gré, malgré, nous allons nous débarrasser du Franc CFA comme nous nous débarrasserons un jour de toute forme de colonisation. C’est une question de temps, on s’est débarrassé de l’apartheid en Afrique du Sud, de la ségrégation aux Etats-Unis, ces choses étaient beaucoup plus violentes, beaucoup plus féroces et on s’en est débarrassé ». 
  
Député du Groupe parlementaire Liberté et Démocratie, Mamadou Diop « Decroix » compte « mener le combat ». «Depuis mon engagement politique, je suis pour que l’Afrique ait sa propre monnaie. Donc, je considère que c’est une initiative qui mérite d’être soutenue. Je suis venu soutenir ce combat pour le mener. C’est très bien ce qu’ils sont en train de faire mais il faut le mener dans toutes les sphères (universités, chantiers, grands-places, salons, à l’Assemblée nationale, partout). On aura gain de cause. D’abord, aujourd’hui, il y a une lame de fond en Afrique portée par la jeunesse qui exige cela. Ensuite, l’économie du monde, sa configuration actuelle est totalement différente de celle qu’elle avait dans les années 1940 – 50. Au fond, à l’époque, avec le Général De Gaulle, l’indépendance, il y en a qui n’en voulaient pas parmi les leaders politiques africains. Le Franc CFA aussi va apparaître comme tout à fait obsolète par rapport aux exigences économiques modernes. Donc, c’est un combat qui est juste, qui est pertinent et qu’il faut mener », assume-t-il. 

Et, comme alternative au Franc CFA, le responsable de l’opposition préconise «une monnaie commune de l’Afrique ». « Je suis pour une monnaie de tout le continent africain mais cette vision prendra forcément du temps. Donc, soyons pragmatiques. La CEDEAO a prévu une monnaie commune, il faut aller à cette monnaie commune. La monnaie est un levier d’une politique économique. Vous ne pouvez pas avoir une politique économique alors que vous ne maîtrisez pas votre monnaie, ce n’est pas possible », indique-t-il. 

S’agissant de cette monnaie commune, Guy Marius Sagna sert que leurs « mobilisations participent à accélérer ce processus-là ». « Il y a une alternative crédible au Franc CFA qui est la monnaie unique de la CEDEAO. Cela a été décidé par nos présidents de la CEDEAO. Maintenant, il faut avouer que le processus (y) menant est lent. Pour cela, nous estimons que nos mobilisations participent à accélérer ce processus-là. Sans attendre cette monnaie unique, des décisions doivent être prises dans les meilleurs délais dont le Frexit, le rapatriement des réserves… », insiste-t-il. Et, dit-il, « aujourd’hui plus que jamais, Kémi Séba est déterminé à poursuivre cette lutte… ». 

Dans tous les cas, Bamba Gueye Lindor qui vient « juste d’arriver au Sénégal après trente (30) ans d’absence », se veut clair : « La lutte va continuer. Notre mission, c’est de régler le problème. On va s’organiser ».  

Se présentant comme un « nationaliste », Malick Nöel Seck, Secrétaire Général du Front National de Salut Public / « Moom Sa Rew » parle de « se battre contre la plus grande des injustices ». 




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