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Le Giaba face à deux défis de blanchiment de capitaux


Rédigé le Mercredi 14 Décembre 2016 à 13:09 | Lu 60 fois | 0 commentaire(s)


ecofinance.sn (Dakar) - Par rapport au risque du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, le Giaba doit faire face à deux grands défis.


Le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent (Giaba) a relevé, dans son plan stratégique 2016-2020, les deux défis pertinents les plus persistants par rapport au risque du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme (Bc/Ft) dans ses États membres. Il s’agit
de la prédominance des transactions en espèces dans le vaste secteur informel et les niveaux élevés de flux transfrontaliers d’espèces.

Selon le Giaba, les transactions en espèces permettent aux blanchisseurs de capitaux d’éviter les institutions réglementées. De même, elles facilitent l’investissement du produit du crime dans des activités légitimes telles que le commerce de détail, le transport, l’immobilier et les produits de luxe.

«Les espèces sont directement convertibles en différentes monnaies par l’intermédiaire des bureaux de change tant agrées que non agréés qui ont proliféré dans toute la région depuis le milieu des années 1990. Les devises de grande valeur sont des dépositaires pratiques de valeur et peuvent être passées en contrebande à travers les frontières, ce qui les rend pratiques pour le Bc», explique-t-il dans ce document.

«Le risque de Bc/Ft est exacerbé par la tendance à éviter de documenter les opérations et à ignorer les obligations de vigilance requises par la loi. Le niveau de surveillance des bureaux pour en vérifier la conformité aux mesures de lutte contre le Bc/Ft varie au sein des pays et à travers la région», poursuit-il.
Selon le Giaba, le niveau relativement faible de pénétration des services financiers formels dans la population a également une incidence sur le défi qui se pose en termes de Bc/Ft.

La corruption, une infraction dominante du Bc et principale source de Ffi

En outre, il fait état du lien existant entre la corruption et le Bc. Lequel a été profilé dans son plan stratégique en considérant que la corruption du secteur public a été jugée comme étant l’infraction sous-jacente la plus dominante au titre du Bc et la principale source des flux financiers illicites (Ffi) en dehors de la région.

Le Giaba estime est confronté à la difficulté tenant au fait d’aller, lors des discussions, au-delà de la corruption opportuniste. Pour l’organisation de lutte contre le Bc/Ft, il s’agit d’une sphère qui est intimement liée à la question apparemment insoluble de la volonté politique dans la lutte contre les facteurs qui alimentent la corruption liée au Bc, au nombre desquels l’on compte le financement des partis politiques et des campagnes électorales.

«Le Bc imputable au crime économique à grande échelle est lié aux réseaux, dont la composition, les méthodes de travail et les itinéraires habituels doivent être compris et soumis à un suivi. Les relations entre les acteurs criminels et leurs complices (parmi lesquels peuvent figurer des responsables publics) rende la lutte contre la corruption ardue», a encore expliqué le Giba.

«La collusion des acteurs non criminels dans les réseaux de crime pose problème dans les enquêtes sur tout blanchiment de capitaux ou toutes activités criminelles ou actes de corruption», a-t-il ajouté.

En collaboration avec la Banque africaine de développement (Bad), le Nepad et le Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent (Giaba), l’Organisation pour la coopération et le développement économique (Ocde) a commandé une étude visant à examiner en détail la manière dont le commerce illicite contribue aux Ffi en Afrique de l’Ouest.

L’étude vise à retracer les fonds illicites à partir de leurs points d’origine jusqu’à leur destination finale et à fournir une analyse complète de la façon dont les flux financiers provenant du commerce illicite sont acheminés dans la région et à l’étranger.

Les conclusions ont clairement illustré les complexités du problème et la nécessité d’adopter une approche globale pour y faire face.

Les Ffi, source de financement de l’extrémisme violent

Selon l’étude, une partie des fonds provenant de l’Afrique de l’Ouest ou la traversant, servent à soutenir l’extrémisme violent en cours dans certaines parties de la région. L’escalade des actes terroristes commis par Boko Haram, Ansar Dine, Al-Qaïda au Maghreb (Aqmi) et le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), a attiré l’attention régionale et mondiale.

En septembre 2015, Amnesty International a rapporté qu’à partir de janvier 2015, Boko Haram avait tué plus de 3 500 civils dans quatre pays (Nigeria, Cameroun, Tchad et Niger).

«La résilience de ces réseaux terroristes laisse penser qu’ils ont fait preuve d’innovation en ce qui concerne leur pérennité, en recourant à diverses méthodes et techniques pour collecter, déplacer et utiliser les fonds en vue de mener des activités terroristes», souligne le Giaba.

L’on a remarqué que la contrebande de marchandises est essentielle au financement des activités terroristes (Giaba 2013).
 




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