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Commande publique sénégalaise : tirs groupés sur l’Etat, les chinois, indiens, marocains…


Rédigé le Mardi 15 Novembre 2016 à 21:02 | Lu 48 fois | 0 commentaire(s)


ecofinance.sn (Dakar) - Des chefs d’entreprise sénégalais dénoncent à haute voix le choix porté par l'Etat sur les étrangers dans la commande publique.


Le secteur privé national, notamment les petites et moyennes entreprises (Pme), est très remonté contre les pouvoirs publics. Venus nombreux répondre à l’invitation d’Ecobank, qui organisait aujourd’hui à leur profit un panel sur ‘’l’accès des Pme à la commande publique’’, ils ont à l’unanimité tiré à boulet rouge sur les autorités. Ils reprochent à celle-ci de confier la commande publique aux chinois, indiens, marocains, mauriciens et autres étrangers, au détriment de la Pme sénégalaise.

Expert comptable et chef d’entreprise, Aziz Dièye est le premier à prendre la parole à la suite de l’exposé des panélistes. Il a soulevé la problématique d’accès des Pme sénégalaises à la commande publique. Il a surtout attiré l’attention sur le «risque majeur» de voir la discrimination positive pour les Pme produire l’effet contraire par le fait de la complicité des entrepreneurs qui sont trop proches du pouvoir.

«Avec la complicité des politiciens, des gens accèdent facilement à la commande publique pour investir dans l’immobilier», a-t-il voulu dire. «La discrimination positive est bonne, mais il faut la faire de façon normale», a-t-il indiqué devant Mabousso Thiam et Ibrahima Diouf, respectivement directeur général de l’Agence d’encadrement et de développement des petites et moyennes entreprises (Adpme) et directeur du Bureau de mise à niveau (Bmn).

Madame Guèye, également chef d’entreprise, a quant à elle interpellé les autorités sur le cadre réglementaire et juridique qui organise la commande publique. A cet effet, elle a déploré le fait que ce dispositif évolue et se développe au détriment des Pme. Mais ce qui l’inquiète le plus, c’est l’absence de transparence de ce dispositif.

«Ces outils ne sont pas à la faveur de la transparence. Même la publication des résultats des appels d’offre reste un secret », a-t-elle fustigé avant d’inviter les donneurs d’ordre à expliquer le choix porté sur l’entreprise retenue pour exécuter un marché.

Son collègue, Monsieur Ndiaye, lui parle d’un grand frein à l’accès à la commande publique en faisant référence aux nombreux critères du cahier des charges, comme l’obligation d’exécuter 3 grands marchés de même taille, le chiffre d’affaires. Mais le plus inquiétant pour lui, c’est la présence des entreprises chinoises, indiennes, marocaines, etc sur le marché sénégalais.

«Ces entreprises étrangères viennent avec beaucoup de fonds. Elles sont accompagnées par leur banque qui les finance. Elles étaient nos fournisseurs hier. Elles deviennent nos concurrents aujourd’hui», déplore-t-il.

Madame Diop, partage ce même sentiment d’inquiétude. Comme ses prédécesseurs, elle n’a pas manque de fustiger l’absence d’assistance des banques, la lourdeur administrative, le changement de gestionnaire de compte qui fait le client ne pourra avoir une relation de confiance avec celui-ci, les taux d’intérêt élevé, la caution, la capacité financière, la garantie.

Autant de contraintes qui explique, à son avis, pourquoi les Pme ne sont pas émergentes à l’heure où on parle de Sénégal émergent.

«On nous donne souvent le nombre important de création de nouvelles entreprises. Mais on ne nous dit pas le nombre d’entreprises qui ferment. Nous assistons de plus en plus à des fermetures d’entreprises. Et celles-ci sont à 100 pour cent de capitaux sénégalais. Il faut être vraiment solide pour continuer à travailler au Sénégal», se désole-t-il.  

Toujours dans le même sillage, un autre chef d’entreprise ‘’rebelle’’ a du mal à cacher son indignation. «Il ne faut pas parler de l’accès à la commande publique, mais plutôt la restriction au marché. En effet, l’ensemble des travaux sont entre les mains des chinois, indiens, marocains, etc. Ces entreprises étrangères viennent au Sénégal avec des références douteuses Elles ont des attestations falsifiées et non contrôlées», dénonce-t-il. Pour conforter ses dires, il cite le cas d’une entreprise espagnole qui a gagné un marché de plusieurs milliards de francs Cfa, alors qu’elle est en faillite en Espagne.

Les organisations professionnelles pointées du doigt

En somme, c’est une grande inquiétude qui gagne les dirigeants de Pme sénégalaise. Une préoccupation bien comprise par Mabousso Thiam qui retourne la responsabilité aux organisations professionnelles privées, allusion étant faite à la Confédération nationale des employeurs du Sénégal (Cnes) et au Conseil national du patronat (Cnp).

«Il faut prendre un peu de hauteur. Ca pose problème de recourir aux entreprises étrangères pour réaliser des travaux au Sénégal. Mais les organisations professionnelles doivent prendre en charge vos préoccupations. C’est à elles de les porter», tempère-t-il.

Un potentiel de 8.000 milliards F Cfa

Si la commande publique suscite autant d’intérêt, c’est parce qu’elle représente un potentiel de 1.800 milliards de F Cfa au Sénégal et de 8.000 milliards F Cfa dans l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa). L’enjeu est donc de taille.

Pour permettre à la Pme d’en tirer profit, les participants à la rencontre recommandent la création d’une banque des marchés publics. Ils demandent également au secteur bancaire d’accompagner les Pme pour leur épanouissement. Ils demandent aussi à l’Etat de redoubler d’efforts.

En ce qui leur concerne, les dirigeants de Pme sentent la nécessité de se regrouper pour être fort et affronter la concurrence étrangère en vue de tirer grand profit de cette mmanne financière importante.  





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