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Afrique : un rebond de la croissance attendu en 2017 et 2018


Rédigé le Lundi 22 Mai 2017 à 13:33 | Lu 42 fois | 0 commentaire(s)


La croissance économique du continent africain devrait remonter à 3.4 % en 2017 et 4.3 % en 2018, d’après les Perspectives économiques en Afrique (PEA).


Mais, ces niveaux ne pourront être atteints que «si le redressement des cours des matières premières, la reprise de l’économie mondiale et la mise en œuvre, dans la durée, de réformes macroéconomiques à l’échelon national se confirment», nuance néanmoins ce rapport publié aujourd’hui en Inde.
 
Le document, rendu public à l’occasion des 52e assemblées annuelles de la BAD,  constate que «la croissance économique en Afrique a marqué le pas en 2016, à 2.2 %». Une situation qu’il met sur le compte du recul des cours des produits de base, de la faiblesse de la reprise mondiale et de conditions climatiques défavorables qui ont «affecté la production agricole dans certaines régions».
 
Le rapport n’en souligne pas mois que «l’évolution de la situation du continent présente des perspectives encourageantes». Il indique en effet que «la croissance de l’Afrique repose de plus en plus sur des facteurs intérieurs, ainsi qu’en atteste le dynamisme de la consommation privée et de la consommation publique qui, à elles deux, ont contribué à hauteur de 60 % à la croissance du PIB en 2016».
 
«Cette croissance s’accompagne également d’avancées sur le plan du développement humain : 18 pays africains avaient atteint un niveau de développement humain moyen ou élevé en 2015. Enfin, l’investissement direct étranger, attiré par les marchés émergents du continent et son urbanisation rapide, s’est maintenu à 56,5 milliards USD en 2016 et devrait atteindre  57 milliards USD en 2017, selon les projections.»
 
Le document relève aussi une diversification de l’investissement qui était auparavant concentré dans le secteur des ressources naturelles. Il s’oriente désormais vers le bâtiment, les services financiers, les industries manufacturières, les transports, l’électricité et les technologies de l’information et de la communication.
 
Les progrès restent malgré tout inégaux. Les gouvernements des pays africains doivent intensifier leur soutien à la création
d’emplois en prenant des mesures plus ambitieuses et mieux ciblées.
 
Malgré une décennie de progrès, 54 % de la population de 46 pays africains sont toujours piégés dans une situation de pauvreté multidimensionnelle – au regard des indicateurs de la santé, de l’éducation et du niveau de vie.
 
En outre, les revendications portant sur de meilleures possibilités d’emploi sont le premier facteur déclenchant des protestations civiles, dont elles ont motivé le tiers entre 2014 et 2016 – une proportion qu’il convient toutefois de replacer dans le contexte d’une diminution du niveau des troubles sociaux.
 
Avec une population active qui devrait augmenter de 910 millions entre 2010 et 2050, la création d’emplois plus nombreux et de meilleure qualité reste un défi majeur pour les responsables africains de l’action publique.
 
« La clé d’un développement réussi en Afrique est de nourrir la
culture naissante de l’entreprenariat, pour reprendre la célèbre expression d’Hernando De Soto, « el otro sendero » (l’autre voie) vers le développement. Une voie à même de libérer cette créativité débordante et de transformer les opportunités en réussites phénoménales », selon le directeur du Bureau
régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement,  Abdoulaye Mar Dièye.
 
Pour faire du défi démographique une chance pour l’Afrique, celle-ci devra impérativement réussir sa nouvelle révolution industrielle. À l’heure actuelle, vingt-six pays d’Afrique se sont dotés d’une stratégie d’industrialisation.
 
La plupart mettent toutefois l’accent sur les grandes entreprises manufacturières plutôt que sur les chefs d’entreprise des secteurs présentant un potentiel de croissance élevée et de création d’emplois, notamment les start-ups et les petites et moyennes entreprises. Or, ce sont les entreprises de moins de 20 salariés et de moins de cinq années d’expérience qui créent la majorité des emplois dans le secteur formel en Afrique.
 
Les stratégies d’industrialisation doivent par conséquent soutenir les autres secteurs dans lesquels les économies africaines disposent d’avantages comparatifs, tels que l’agro-alimentaire, les services marchands et les énergies renouvelables. Les nouvelles stratégies doivent en outre éviter de dépendre des activités non respectueuses de l’environnement.



             




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